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Lors de  son récent séjour  en juin 2013 à Wamba, Province  Orientale, une équipe mobile de chirurgie uro-gynécologique de HEAL Africa  a réalisé  103 réparations des fistules vesico-vaginales (FVV) et recto-vaginale (FRV). Parmi les patientes soignées,  il y avait  deux  femmes pygmées. C’est la première fois que les femmes pygmées bénéficient  d’une réparation de fistule, depuis la longue expérience de HEAL Africa de plus de 10 ans dans le domaine. Lesdites fistules ont  résulté des accouchements difficiles (accouchements dystociques) et surement mal faits.  Depuis bien longtemps, la culture locale soutient que les femmes pygmées ne font pas de dystocies malgré leur courte taille et malgré leurs accouchements habituels sans assistance médicale qualifiée.

L’équipe de chirurgie mobile  s’est trouvée débordée pendant les 3 semaines passées au chevet des femmes qui souffrent de fistules dans ce coin de la Province Orientale où le nombre de personnel soignant qualifié est très limité, a reconnu le chirurgien gynécologue, le Dr Justin PALUKU, le mercredi 03 juillet, quelques jours après son retour de mission.

Si les deux cas exceptionnels des femmes pygmées ont été identifiés et pris en charge ‘’c’est parce qu’avant  notre arrivée dans ce territoire situé à 121 kilomètres d’Isiro, il y a eu une large  sensibilisation par la Zone de Santé de Wamba’’, a ajouté le Dr Justin, Gynécologue-Obstétricien et expert en réparation des fistules uro-génitales.

En effet, les pygmés  appelés aussi peuples autochtones, sont les premiers occupants de la RDC selon l’histoire du pays. Mais depuis leur existence ils sont considérés comme des sous peuples par les autres, et sont souvent victimes de discriminations. Délaissés, ils vivent dans des forets, loin des autres communautés et de l’hôpital général de référence de Wamba, dans des milieux dépourvus d’hôpitaux  et de toutes structures sanitaires.

Se basant sur cette première expérience de traitement des fistules dues aux accouchements difficiles chez les pygmées,  HEAL Africa  a réalisé que si ces cas sont rarement réparés c’est parce que les actions ne sont pas intensifiées dans ces milieux.wamba rep fistule 1

La réparation des fistules est souvent prise pour une renaissance  chez les patientes :

’’C’était pour moi incroyable  de me revoir une femme sans défaut, je n’avais plus jamais  cru en ma guérison ; voilà ce qui justifie ma joie interminable’’ souriait Mme M.I.  âgée de 28 ans,  une de ces femmes pygmées qui ont été réparées  à Wamba en juin 2013.

M.I. avait eu  une fistule vesico-vaginale lors de son troisième accouchement qui a été entouré de plusieurs complications, et elle a vécu 4 ans avec cette condition médicale.

Malgré les 103 réparations faites, l’équipe de  clinique mobile a  dû laisser beaucoup d’autres cas en souffrance faute de médicaments et autres matériels médicaux  et n’a pu amener à Goma que deux cas de FRV jugés urgents pour réparation et impossibles à opérer à Wamba.

Le besoin s’avère criant non seulement pour réparer les cas de fistules dans les milieux ruraux où plusieurs femmes sont abandonnées sans espoir d’assistance mais également pour  prévenir cette condition en initiant des projets de Maternité à Moindre Risque (MMR) dans cette partie du pays, puisque plus de 90%* des cas de fistules sont d’origine obstétricale.

*chiffre basé sur les 400 réparations de fistule effectuées en 2012 par HEAL Africa